Samedi 28 octobre 2006 6 28 /10 /Oct /2006 22:12
Article journal "Les Echos"
L’INUTILITE ECONOMIQUE D’UNE CONSTITUTION EUROPEENE.

L'actuel débat sur l'adoption ou le refus de la « constitution européenne » par les Français repose sur la question de savoir si nous aurions intérêt ou non à limiter par le moyen juridique les dérives et excès de la mondialisation économique. Si la question nous paraît parfaitement légitime, l'idée de remédier par le droit au « dumping social » et autres délocalisations que nous impose le marché mondial nous semble dépassé. Voilà en effet plus de vingt ans que l'internationalisation, puis la mondialisation économique ont implicitement, mais sûrement changé les bases théoriques du contrat social qui lie les citoyens à leurs Etats. L'argument du changement a, en toutes circonstances, été celui de l'idée libérale. Mais cet argument s'est, au fil du « coup d'Etat économique », révélé n'être que prétexte. En effet, l'idée libérale, philosophie politique plutôt tempérée, s'est vue peu à peu travestie par un capitalisme mondialisé et surpuissant. Il faut dès lors prendre acte: il y a bien disjonction entre libéralisme et capitalisme, ce dernier devenant même fortement liberticide. Et dans cette logique, le politique a cédé, sommant l'Etat libéral de s'en tenir à ses prérogatives régaliennes. De ce mutisme d'Etat est né un « droit » nouveau structuré selon la loi de l'offre et de la demande du marché mondial. Dans cette perspective, se déclarer contre la constitution européenne  -qui n'est en réalité qu'un traité constitutionnel- consiste à croire que ce texte amendé résoudrait nos problèmes économiques. Bref, que le droit peut encore quelque chose pour nos intérêts nationaux.

Pour bien comprendre ce « coup d'Etat de l'économie sur le droit », il faut désormais bien distinguer droit économique et ce que nous appellerons normativité économique. Le droit économique est toujours un droit positif d'Etat que le politique a surtout utilisé pour développer les libertés économiques. Et c'est bien ce cadre juridique de la concurrence au maillage beaucoup trop large ou inexistant – aucun droit mondial de la concurrence dans les accords OMC – qui a engendré cette normativité économique, résultat d'un phénomène d'économicisation du droit et de juridicisation de l'économie. Or, cette normativité économique s'impose aujourd'hui sans l'aval du politique et des Etats, tout en étant pourtant contraignante comme un droit d'Etat. Ces normes économiques nous apparaissent ainsi sous forme de standards mondiaux techniques et financiers. Dès lors, un prix mondial s'établit par le marché plébiscitant telle technique en matière de téléphonie, d'informatique ou d'agriculture, de production d'aciers, de bois, etc.

Les souverainistes et autres partisans du « non » s'aperçoivent en réalité que la normativité économique et son diktat du chiffre pratiquent essentiellement la liberté aliénante du plus fort et se trouve de fait en concurrence avec le droit positif des Etats. La norme économique, nous disent-ils, a même pour effet de déstructurer l'Etat de droit et ses valeurs républicaines sous-jacentes considérés comme autant d'obstacles aux libertés financières.

Quant au camp adverse, libéraux flamboyants, ils remédient à ces critiques d'ordre éthique en arguant que la normativité économique puise sa légitimité dans une sorte de démocratie directe: en l'occurrence, celle des consommateurs. Ainsi, la normativité économique de la démocratie de marché ne nécessite pas de fondements ontologiques ou éthiques très élaborés. Sa légitimité est puisée dans l'acte d'achat renouvelé du consommateur. De fait, le marché asservit tout simplement le droit économique d'Etat. Et ce « coup d'Etat » réussit puisque le droit des Etats européens reprend souvent ces standards technico-financiers en réalité développés ou surdéterminés par le marché mondial. Le politique comme le juriste devraient donc prendre en compte qu'un texte de droit, même du niveau d'un traité constitutionnel européen, n'aura plus l'autorité pour entraver ce que veut le marché mondial. Ainsi s'exerce la puissance économique à l'évidence supraconstitutionnelle de la démocratie de marché.

Mais, un sérieux problème demeure quant à l'appréhension du caractère réellement démocratique de ce marché mondial. En effet, si l'on considère que le vote du citoyen des démocraties représentatives d'Etat a pour pendant l'acte d'achat du consommateur de la démocratie marchande mondialisée, il n'en reste pas moins que les bases électorales et consuméristes n'ont pas la même surface. En effet, si la démocratie d'État tend à s'imposer au moins comme modèle de référence dans presque toutes les régions du globe, il n'en est pas de même pour la démocratie de marché. Et cela fort paradoxalement, puisqu'il importe bien souvent plus à l'homo sapiens de consommer que de voter. Acheter, capitaliser est le grand rêve du moment, mais l'accession du citoyen votant à la démocratie de marché reste problématique. En effet, il apparaît que si le suffrage est généralement universel dans les démocraties d'Etat, il est en réalité fortement « censitaire » en démocratie de marché. Le jeu économique « libéral » connaît là son traditionnel problème de redistribution des richesses. Or, acheter, selon notre réflexion, c'est en quelque sorte « voter » pour ces standards technico-financiers qui acquièrent force de « loi ». Et investir, dans tel ou tel secteur industriel, c'est d'une certaine manière « gouverner ». Le problème démocratique pour l'heure insoluble est donc ce phénomène de concentration des pouvoirs par le jeu capitalistique nous montrant une démocratie de marché dont la base électorale - les consommateurs – peine à s'élargir et dont les équipes gouvernantes se réduisent par fusion-absorption d'entreprises. Qu'on le veuille ou non, l'Europe est bien prise dans cet engrenage auquel son droit se soumet et ne peut que se soumettre.

La démocratie se heurte donc au gouvernement par les seuls chiffres. Voilà la faille du contrat social nouveau. La sacro-sainte rentabilité financière devenant assez logiquement totalitaire, toutes les activités de la vie en société sont envisagées selon les critères économiques et techniques à satisfaire sous peine de disparition. Le remède à cette dérive par les chiffres se trouve bien sûr dans les mots. Seuls de nouveaux concepts de philosophie politique nous permettront de construire une économie de droit comme s'est construit l'Etat de droit.

Douce utopie pour l'heure, mais croire que la « constitution européenne » peut changer quelque chose à la mondialisation économique en cours en est une autre. Seul un phénoménal et impensable retour en arrière rendrait le pouvoir aux Etats et à leur droit. Ceci posé, les consommateurs et salariés occidentaux semblent réaliser que la division et la spécialisation planétaire du travail amènent aussi celles de la misère. Mais trop tard, constitution ou pas, voilà longtemps que l'Europe s'est fait damer le pion par l'économie. Quant à la France, n'en parlons plus ?!

Journal « Les Echos » du 14 octobre 2004

Christophe LEROY
Maître de conférences
Université de Paris XII Saint-Maur.

 

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Samedi 28 octobre 2006 6 28 /10 /Oct /2006 22:08
Article journal "Le Monde"
LA MONDIALISATION PAR LE VIDE POLITIQUE :

Remarques sur le « juridiquement correct ».

Aristote avait un des premiers remarqué ce que Montesquieu devait plus tard systématiser dans l’heureuse formule selon laquelle il faut que «…par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir ». La mondialisation économique et financière se fait de nos jours selon un libéralisme qui finit même par inquiéter ses plus ardents défenseurs. Le fait est que l’on ne voit pas actuellement les limites de cette logique financière implacable qui recompose le monde selon la volonté de quelques grands argentiers asservis à la religion intégriste de la finance internationale: le lucre.

Un des grands problèmes que nous pose la mondialisation économique semble venir de la contradiction qu’il y a à mettre en relation deux concepts juridiques aux logiques profondément divergentes. Le premier concept sur lequel s’est édifié l’Etat-Nation est celui de souveraineté, lequel a nécessité la mise en œuvre d’un arsenal juridique très complet visant à la construction d’une économie nationale encadrée par un droit interne très précis et défensif. Le deuxième concept est le libre échange international dont l’objectif très clairement affirmé est la création d’un marché mondialisé par la mise en œuvre d’un droit purement économique recherchant la perméabilisation des frontières des Etats-Nations. Ces deux concepts pourraient après tout fort bien s’articuler si l’OMC menait un travail rationnel, surtout plus progressif et respectueux de l’identité des Etats-Nations. Tel n’est pas le cas. Mais peut-on vraiment reprocher à l’Organisation mondiale du commerce de ne pas utiliser d’autres moyens que l’économie pour fédérer ses 139 Etats membres? Non, les peuples des Etats-Nations restent encore effectivement trop différents, trop « bigarrés » pour que leur histoire, leurs religions, leurs langues ou leurs cultures respectives puissent servir de clef de voûte à la mondialisation.

L’économie libérale serait ainsi la seule vraie langue universelle et intelligible par le commun des mortels. Choisir l’économie en revient pourtant à choisir le plus petit dénominateur commun. Mais si le choix est réducteur, il a cependant le mérite d’être puissamment fédérateur. L’esprit de réduction est, pour beaucoup d’Etats signataires des accords GATT-OMC, qu’ils ne sont plus vraiment en mesure de gouverner leur pays dans le souci de défendre l’intérêt général de leur peuple, mais plutôt dans l’obligation de favoriser le développement d’un marché libre de toute entrave auquel est subordonnée toute leur politique nationale. Le choix apparaît fédérateur au sens où la division et la spécialisation planétaires du travail rend les Etats-Nations très dépendants les uns des autres. La question, de nos jours, est bien de savoir si l’avantage l’emporte. En effet, cette volonté libre-échangiste développe des phénomènes économiques dont le droit ne maîtrise plus vraiment les effets. Les problèmes sont pourtant clairs et fondés en partie sur de nombreux vides juridiques au niveau international. Or, ces vides juridiques viennent fausser le droit et le système économique des Etats-Nations. L’absence d’un droit de la concurrence international fausse bien sûr le droit de la concurrence interne des Etats-Nations. Le refus de la majorité des Etats membres de l’OMC de traiter sérieusement le problème de la clause sociale crée un dumping social planétaire auquel le droit des Etats-Nations ne peut remédier. Le refus de traiter de la clause monétaire fausse aussi le jeu concurrentiel au niveau mondial et le même raisonnement pourra être tenu pour l’environnement.

Ce dérèglement des droits internes des Etats par le jeu du libre échangisme mondial porte atteinte au minimum d’égalité, d’équité et de loyauté nécessaire aux relations économiques pour qu’elles soient acceptables sur le long terme. Or, les rapports entre droit interne et droit international n’empêche en rien ces abus de pouvoir et de dépendance économique. La logique des rapports entre droit et économie est même de favoriser ces phénomènes. C’est ainsi, par exemple, que les marchés financiers attisent le libre échange de la rentabilité à court terme, quel qu’en soit le coût social et environnemental. Il nous semble à ce propos que les liens entre libre échangisme et spéculation sur les marchés financiers ne sont pas assez étudiés. Non pas qu’il s’agisse de créer un lien juridique quelconque entre ces deux notions, mais il serait peut-être intéressant de remarquer que l’esprit de spéculation des marchés finance souvent des projets financièrement rentables tirant parti de tous les travers du libre échangisme. C’est-à-dire l’emploi de populations dans des conditions de travail indignes, l’atteinte possible à l’environnement, la recherche d’une fiscalité zéro ou l’emploi de fonds douteux. Il y a dans cette logique une absence manifeste de contre-pouvoirs. Le marché juge et tranche sans qu’il soit possible de faire appel. Toutes ces opérations sont pourtant « juridiquement correctes », c’est-à-dire juridiquement viables selon les termes du droit positif. Ce que le pouvoir politique a de plus en plus de mal à dire, c’est que ces mêmes opérations sont souvent anti-économiques et anti-sociales dans les faits pour nombre d’Etats-Nations. Retranchés derrière le droit positif, les libéraux du commerce international pratiquant le « juridiquement correct » ont fait accepter un interdit moral au politique: on ne peut porter de jugements de valeurs sur leurs actes juridiquement incontestables, actes de surcroît plébiscités par la démocratie du marché.

On s’interrogera pourtant sur la faculté des marchés à remplir leur mission de défense de l’intérêt général des peuples, mission qui dépasse la défense du statut de simple consommateur. Quant aux marchés financiers qui œuvrent dans un esprit de spéculation généralisé, ils ne servent de plus en plus que les intérêts d’une minorité.

On remarquera par ailleurs que si l’Europe et la mondialisation économique est accomplie, l’Europe de la justice et la coopération judiciaire mondiale est très en retard. Les opérations des plus douteuses montées selon la méthode du off-shore à partir de pays financièrement opaques sont d’une efficacité redoutable et tiennent la justice en échec.

Il nous semble évident que ce cercle peu vertueux du fonctionnement économique international affecte les termes même du contrat social des Etats-Nations développés. Nous les voyons persister à accomplir leur œuvre juridique en donnant valeur constitutionnelle au principe de la dignité de la personne humaine, en déclarant l’esclavage comme crime contre l’humanité et en votant des lois sur l’environnement. Dans le même temps, la logique économique mondialisée exige dans les faits souvent tout le contraire au nom de cette conception absolutiste de la rentabilité. L’argument selon lequel la mondialisation aide les pays sous-développés à se sortir de leur impasse économique nous semble de moins en moins recevable. L’histoire récente des krachs monétaires retentissants de l’Asie, du Mexique et du Brésil nous montre que ces économies fonctionnaient en réalité à perte et l’on se souviendra que l’intervention massive du FMI leur aura été nécessaire pour les sortir de ce très mauvais pas.

Le constat peut être fait que la démocratie du marché se soucie peu du gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. Les récentes manifestations anti-OMC à Seattle ou en Suisse ont bien montré la suspicion dans laquelle une bonne partie des populations tient maintenant cette mondialisation des marchés. Les gouvernements prennent eux aussi conscience de ces nombreuses failles, mais il apparaît maintenant clairement que l’abaissement des défenses juridiques des Etats et des zones de libre échange était aussi prématuré qu’il semble irréversible.

Une des conséquences tout a fait perceptible de cet abaissement des défenses est par exemple le développement des fusions de grandes entreprises. Elles doivent maintenant nécessairement atteindre une taille les rendant capables de résister à une concurrence planétaire qui s’exerce, à ce niveau, en dehors de tout cadre juridique sérieux. Le comportement de ces grandes sociétés qui ne sont plus au fonds rattachées qu’assez symboliquement à leur pays d’origine soulèvent également quelques questions quand à leur relations avec le pouvoir politique des Etats-Nations. Il n’est en effet après tout pas sûr que ces très grandes entreprises aient leur avenir assuré. Soit leur stratégie est le gigantisme fondé sur les économies de bouts de chandelles et elles nous semblent dès lors vouées à l’effondrement, soit ces méga-sociétés restent innovantes, financièrement de plus en plus puissantes et l’on pourra légitimement s’interroger sur les relations qu’elles entretiendront avec les Etats représentant l’intérêt général des peuples. Il y a donc bien une lutte entre souveraineté des Etats et souveraineté financière des grandes sociétés avec cette funeste ambiguïté que les Etats pensent consolider leur souveraineté en favorisant le développement des grandes entreprises dont le siège social est sur leur territoire. Le malentendu est bien entendu que ces dernières ne raisonnent plus en terme de Nation, mais de profits à l’international et au plus court terme possible.

Force est de constater qu’il n’y a pas d’organisation politique exerçant une souveraineté supranationale capable aujourd’hui d’imposer un ordre juridique digne de ce nom aux puissances économiques mondialisées. Il y a de ce point de vue un vide politique, une vacance du pouvoir, une absence de projet tout à fait inquiétante. En effet, soit les puissances économiques arrivent à « standardiser » la planète et « le meilleur des mondes » est pour demain , soit la première crise financière sérieuse - du style krach monétaire - fera raisonner à nouveau les peuples en termes de Nations. Dans ce cas, le constat risque d’être amer: renationalisations des politiques monétaires avec une monnaie sans grande valeur, renationalisation d’entreprises aux productions délocalisées sur fonds de crispations identitaires, etc… Le pire n’est certes pas toujours sûr, mais il est dangereusement naïf de ne pas l’envisager.

Les gouvernements des pays développés semblent avoir depuis deux ou trois ans bien pris conscience de ces risques. En France, la modification par la loi du 1 juillet 1996 de l’ordonnance de 1986 sur le droit de la concurrence, la loi du 2 juillet 1996 de modernisation des activités financières et le renforcement des pouvoirs de TRACFIN sont autant de moyens pris sur le plan interne pour corriger les effets néfastes d’un monde économique et financier débridé. L’actualité législative française la plus récente nous livre même un projet de loi sur la régulation économique. Mais tous ces textes ressemblent quelque peu à un inventaire à la Prévert qui sert à justifier tous les discours politiques actuels dont le mot clef est « régulation ». Or, la régulation est un concept (dans l’acception où il est utilisé) issu de la cybernétique de Norbert Wiener. Celle-ci se définit comme la science qui étudie les mécanismes de communication et de contrôle dans les machines et chez les êtres vivants. Elle relève de l’esprit de système. L’idée générale de la cybernétique est que dans la mesure ou un système est muni de mécanismes de régulation, il peut contrôler son propre fonctionnement et donc se gouverner lui même. Le problème est que la cybernétique suppose qu’un système soit hermétique ou un milieu homogène pour pouvoir être gouverné, contrôlé et régulé. Or, le libre échangisme actuel ne permet plus cette unité de direction et ce contrôle des échanges. La régulation appliquée au droit dans le contexte actuel nous semble donc plutôt résulter d’une volonté de légitimer par le droit certaines situations délicates. Un autre aspect du problème concerne les valeurs morales qui sous-tendent et gouvernent toutes les règles de droit. La volonté de réguler en se fixant pour objectif premier « l’effet utile » du droit sur le système économique (approche macro économique) nous semble peu préoccupée par la recherche téléologique du bon et du juste dans l’élaboration et l’application du droit aux entreprises et aux personnes. La régulation relève donc pour l’essentiel de l’utilisation a posteriori d’un concept employé à des fins idéologiques pour légitimer une désorganisation économique et financière à l’échelle mondiale.

La mondialisation est en panne d’idée politique. Que retiendra l’histoire des idées politiques de notre époque? On cherchera en vain des fondements idéologiques au droit économique contemporain. Exceptées quelques naïves prédictions comme « l’avènement de la fin de l’histoire » ou quelques incantations libérales sur les bienfaits de la liberté économique pour les pays en voie de développement, on se souviendra pour l’essentiel de la démission des politiques face à un pragmatisme d’une violence économique sans précédent, violence ennemie des droits de l’homme, de la différence, du pluralisme, de la diversité culturelle et du développement économique pour nombre de pays. Le fait est que ce droit de la globalisation économique est un monstre d’inconsistance qui donne chaque jour dans l’abus de pouvoir face auquel les dirigeants des Etats ont politiquement capitulés. Il y a bien là un vide politique manifeste, une absence de projet viable. Ce monstre d’inconsistance est pourtant bien l’enfant de l’homme politique qui n’est décidément plus ce berger de l’être des nations, mais un simple collabo des financiers, un épicier du droit parlant le « juridiquement correct » du vide politique.

"Le Monde" du 12 septembre 2000

Christophe LEROY
Maître de conférences
Université de Paris XII Saint-Maur.

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Samedi 28 octobre 2006 6 28 /10 /Oct /2006 19:36

C'est en fait une déformation, car le chat a en fait 9 vies et non 7.

Il s'agit d'une très vieille croyance, une vieille légende. Cette légende nous vient des anciens Égyptiens, qui ont été parmi les premiers à domestiquer le chat, il y a environ 3000 ans.
Les Égyptiens vénéraient les chats.
Ils étaient épatés devant la grande résistance du chat. Les Égyptiens avaient remarqué que les chats étaient capables de sortir vivants d'une chute d'une hauteur considérable.
Ils en vinrent à croire que le chat disposait de 9 vies parce que grâce à cette grande résistance, il échappait régulièrement à la mort.
On dit que le chat a 9 vies parce que le chat trouve toujours un moyen de survivre lorsqu'il est en danger.

Mais, pourquoi 9 vies ? La légende prend sa source dans les anciennes croyances religieuses. On croyait que le 9 était un chiffre mystique. Parce qu'il est composé de trois trois, une trinité de trinité (groupe de 3 fois 3 dieux).
On pourrait dire que le chiffre 9 était à la "mode". On considérait qu'il portait bonheur ou encore qu'il avait un pouvoir surnaturel.
Le 9 est un chiffre qui fait partie des mythes et traditions de tous les pays du monde.
Le nombre de vies attribué au chat découle de ces anciennes croyances.

Source : http://www.pourquois.com/inclassables.html

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Samedi 21 octobre 2006 6 21 /10 /Oct /2006 23:44
Dahir n° 1-05-178 du 15 moharrem 1427 (14 février 2006) portant promulgation de la loi n° 34-03 relative aux établissements de crédit et organismes assimilés.

 

LOUANGE A DIEU SEUL ! 

(Grand Sceau de Sa Majesté Mohammed VI) 

Que l’on sache par les présentes-puisse Dieu en élever et en fortifier la teneur !

Que Notre Majesté Chérifienne,

Vu la constitution, notamment ses articles 26 et 58,

 A DÉCIDÉ CE QUI SUIT : 

Est promulguée et sera publiée au Bulletin officiel, à la suite du présent dahir, la loi n°34-03 relative aux établissements de crédit et organismes assimilés, telle qu’adoptée par la Chambre des conseillers et la Chambre des représentants.  

Fait à Ifrane, le 15 moharrem 1427 (14 février 2006). 

Pour contreseing :  

Le Premier ministre,

DRISS JETTOU.
 

loi n° 34-03 relative aux établissements de crédit et organismes assimilés 

Titre Premier

Champ d’application et cadre institutionnel

Chapitre Premier

Champ d’application 

Article premier

Sont considérés comme établissements de crédit les personnes morales qui exercent leur activité au Maroc, quels que soient le lieu de leur siège social, la nationalité des apporteurs de leur capital social ou de leur dotation ou celle de leurs dirigeants et qui effectuent, à titre de profession habituelle, une ou plusieurs des activités suivantes :

- la réception de fonds du public ;

- les opérations de crédit ;

- la mise à la disposition de la clientèle de tous moyens de paiement ou leur gestion. 

Article 2

Sont considérés comme fonds reçus du public les fonds qu’une personne recueille de tiers sous forme de dépôt ou autrement, avec le droit d’en disposer pour son propre compte, à charge pour elle de les restituer.

Sont assimilés aux fonds reçus du public :

- les fonds déposés en compte à vue, avec ou sans préavis, même si le solde du compte peut devenir débiteur ;

- les fonds déposés avec un terme ou devant être restitués après un préavis ;

- les fonds versés par un déposant avec stipulation d’une affectation spéciale, si l’entreprise qui a reçu le dépôt ne le conserve pas en l’état, à l’exception des fonds versés auprès des sociétés légalement habilitées à constituer et gérer un portefeuille de valeurs mobilières ;

- les fonds dont la réception donne lieu à la délivrance, par le dépositaire, d’un bon de caisse ou de tout billet portant intérêt ou non. 

Toutefois, ne sont pas considérés comme fonds reçus du public :

- les sommes laissées en compte, dans une société, par les associés en nom, les commanditaires et les commandités, les associés, les gérants, les administrateurs, les membres du directoire ou du conseil de surveillance et les actionnaires, détenant 5 % au moins du capital social ;

- les dépôts du personnel d’une entreprise lorsqu’ils ne dépassent pas 10 % de ses capitaux propres ;

- les fonds provenant de concours d’établissements de crédit et des organismes assimilés visés aux paragraphes 3, 4 et 5 de l’article 107 ci-dessous. 

Article 3

Constitue une opération de crédit tout acte, à titre onéreux, par lequel une personne :

- met ou s’oblige à mettre des fonds à la disposition d’une autre personne, à charge pour celle-ci de les rembourser ;

- ou prend, dans l’intérêt d’une autre personne, un engagement par signature sous forme d’aval, de cautionnement ou de toute autre garantie.

Sont assimilées à des opérations de crédit :

- les opérations de crédit-bail et de location avec option d’achat et assimilées;

- les opérations d’affacturage ;

- les opérations de vente à réméré d’effets et de valeurs mobilières et les opérations de pension telles que prévues par la législation en vigueur. 

Article 4

Les opérations de crédit-bail et de location avec option d’achat visées à l’article 3 ci-dessus concernent :

- les opérations de location de biens meubles qui, quelle que soit leur qualification, donnent au locataire la possibilité d’acquérir à une date fixée avec le propriétaire, tout ou partie des biens pris en location, moyennant un prix convenu tenant compte, au moins pour partie, des versements effectués à titre de loyers ;

- les opérations par lesquelles une entreprise donne en location des biens immeubles, achetés par elle ou construits pour son compte, lorsque ces opérations, quelle que soit leur qualification, permettent au locataire de devenir propriétaire de tout ou partie des biens pris en location, au plus tard à l’expiration du bail ;

- les opérations de location de fonds de commerce ou de l’un de ses éléments incorporels qui, quelle que soit leur qualification, donnent au locataire la possibilité d’acquérir, à une date fixée avec le propriétaire, le fonds de commerce ou l’un de ses éléments incorporels, moyennant un prix convenu tenant compte, au moins pour partie, des versements effectués à titre de loyers, à l’exclusion de toute opération de cession bail, à l’ancien propriétaire, dudit fonds ou de l’un de ses éléments.

La cession bail est l’acte par lequel une entreprise utilisatrice vend un bien à une personne qui le lui donne aussitôt en crédit-bail.  

Article 5

L’affacturage, visé à l’article 3 ci-dessus, est la convention par laquelle un établissement de crédit s’engage à recouvrer et à mobiliser des créances commerciales, soit en acquérant lesdites créances, soit en se portant mandataire du créancier avec, dans ce dernier cas, une garantie de bonne fin. 

Article 6

Sont considérés comme moyens de paiement tous les instruments qui, quel que soit le support ou le procédé technique utilisé, permettent à toute personne de transférer des fonds. 

Article 7

Les établissements de crédit peuvent aussi effectuer, sous réserve du respect des dispositions législatives et réglementaires applicables en la matière, les opérations connexes à leur activité, telles que :

1) les opérations de change ;

2) les opérations sur or, métaux précieux et pièces de monnaie ;

3) le placement, la souscription, l’achat, la gestion, la garde et la vente de valeurs mobilières, de titres de créances négociables ou de tout produit financier ;

4) la présentation au public des opérations d’assurance de personnes, d’assistance et d’assurance-crédit ;

5) l’intermédiation en matière de transfert de fonds ;

6) le conseil et l’assistance en matière de gestion de patrimoine ;

7) le conseil et l’assistance en matière de gestion financière, l’ingénierie financière et, d’une manière générale, tous les services destinés à faciliter la création et le développement des entreprises;

8) les opérations de location simple de biens mobiliers ou immobiliers, pour les établissements qui effectuent, à titre habituel, des opérations de crédit-bail. 

Article 8

Les établissements de crédit peuvent prendre des participations dans des entreprises existantes ou en création, sous réserve du respect des limites fixées, par rapport à leurs fonds propres et au capital social ou aux droits de votes de la société émettrice, par circulaire du gouverneur de Bank Al-Maghrib, après avis du Comité des établissements de crédit visé à l’article 19 ci-dessous.

 Article 9

Les établissements de crédit peuvent être autorisés à effectuer des opérations autres que celles visées aux articles premier et 7 de la présente loi.

La liste de ces opérations est fixée par arrêté du ministre chargé des finances après avis du Comité des établissements de crédit.

Seules peuvent être autorisées, dans ce cadre, les opérations qui sont effectuées habituellement par les établissements de crédit sur les places financières internationales et dont l’exercice n’est pas de nature à empêcher, restreindre ou fausser le jeu de la concurrence au détriment des entreprises qui les effectuent à titre principal.

Ces opérations doivent demeurer d’une importance limitée par rapport aux opérations visées à l’article premier ci-dessus.

Pour l’exercice de ces opérations, les établissements de crédit sont soumis aux dispositions législatives et réglementaires particulières applicables aux activités concernées. 

Article 10

Les établissements de crédit comprennent deux catégories, les banques et les sociétés de financement.

Les banques et les sociétés de financement peuvent être classées par Bank Al-Maghrib en sous-catégories, en fonction notamment des opérations qu’elles sont autorisées à effectuer et de leur taille.

Les modalités d’application des dispositions de la présente loi peuvent être fixées pour chaque catégorie ou sous-catégorie d’établissements de crédit. 

Article 11

Les banques peuvent exercer toutes les activités visées aux articles premier et 7 ci-dessus et sont seules habilitées à recevoir du public des fonds à vue ou d’un terme égal ou inférieur à deux ans.

Les sociétés de financement ne peuvent pratiquer, parmi les activités visées aux articles premier et 7 ci-dessus, que celles précisées dans les décisions d’agrément qui les concernent ou, éventuellement, dans les dispositions législatives ou réglementaires qui leur sont propres.

Par dérogation aux dispositions du premier alinéa ci-dessus, les sociétés de financement peuvent être agréées, dans les formes et les conditions prévues à l’article 27 ci-dessous, à recevoir du public des fonds d’un terme supérieur à un an. 

Article 12

Il est interdit à toute personne non agréée en qualité d’établissement de crédit d’effectuer, à titre de profession habituelle, les opérations visées à l’article premier ci-dessus.

Toutefois, toute personne peut pratiquer les opérations suivantes :

- consentir à ses contractants, dans l’exercice de son activité professionnelle, des délais ou des avances de paiement, notamment sous forme de crédit commercial ;

- conclure des contrats de location de logements assortis d’une option d’achat ;

- procéder à des opérations de trésorerie avec des sociétés ayant avec elle, directement ou indirectement, des liens de capital conférant à l’une d’elles un pouvoir de contrôle effectif sur les autres ;

- émettre des valeurs mobilières ainsi que des titres de créances négociables sur un marché réglementé ;

- consentir des avances sur salaires ou des prêts à ses salariés pour des motifs d’ordre social ;

- émettre des bons et des cartes délivrées pour l’achat, auprès d’elle, de biens ou de services déterminés ;

- prendre ou mettre en pension des valeurs mobilières inscrites à la cote de la bourse des valeurs, des titres de créances négociables ou de valeurs émises par le Trésor. 

Article 13

Nonobstant les dispositions législatives qui leur sont applicables et sous réserve des conditions spécifiques qui seront édictées à cet effet par arrêtés du ministre chargé des finances, après avis du Comité des établissements de crédit :

- les services financiers de la poste qui sont constitués du service de la Caisse d’épargne nationale, du service des comptes courants et des chèques postaux et du service des mandats postaux sont soumis aux dispositions des articles 40, 48, 51, 53, 55, 57, 84, 112, 113, 115, 116, 118, 119 et 120 et à celles du titre VII de la présente loi ;

- la caisse de dépôt et de gestion et la caisse centrale de garantie sont soumises aux dispositions de l’article 40 et à celle des titres III, IV et VII de la présente loi ;

- les associations de micro-crédit régies par la loi n° 18-97 sont soumises aux dispositions du titre IV de la présente loi ;

- les banques off-shore, régies par la loi n° 58-90 relative aux places financières off-shore, sont soumises aux dispositions des articles 40, 45, 47, 48, 50, 51, 52, 53, 55, 57 et 84 ainsi qu’à celles du chapitre II du titre IV de la présente loi. 

Article 14

Les dispositions des articles 47, 49, 50, 51, 53, 55 et 57 ainsi que celles du chapitre II du titre IV de la présente loi sont, dans les conditions fixées par circulaire du gouverneur de Bank Al-Maghrib, après avis du Comité des établissements de crédit, applicables aux compagnies financières.

Sont considérées comme compagnies financières, au sens de la présente loi, les sociétés qui ont pour activité principale, au Maroc, de prendre et gérer des participations financières et qui, soit directement soit par l’intermédiaire de sociétés ayant le même objet, contrôlent plusieurs établissements effectuant des opérations à caractère financier dont un, au moins, est un établissement de crédit.

 Article 15

Sont agréées conformément aux dispositions de l’article 27 ci-après :

- les entreprises qui effectuent, à titre de profession habituelle, les opérations d’intermédiation en matière de transfert de fonds consistant en la réception ou l’envoi, par tous moyens, de fonds à l’intérieur du territoire marocain ou l’étranger ;

- les entreprises qui effectuent, à titre de profession habituelle, le conseil et l’assistance en matière de gestion de patrimoine à l’exclusion des sociétés légalement habilitées à constituer et à gérer un portefeuille de valeurs mobilières.

Ces entreprises sont soumises aux dispositions des titres III, IV et VII de la présente loi, sous réserve des conditions spécifiques qui seront édictées à cet effet par arrêtés du ministre chargé des finances, après avis du Comité des établissements de crédit. 

Article 16

Ne sont pas soumis aux dispositions de la présente loi :

1) Bank Al-Maghrib;

2) la Trésorerie générale ;

3) les entreprises d’assurances et de réassurance régies par la loi n° 17-99 portant code des assurances et les organismes de prévoyance et de retraite ;

4) les organismes à but non lucratif qui, dans le cadre de leur mission et pour des raisons d’ordre social, accordent sur leurs ressources propres des prêts à des conditions préférentielles aux personnes qui peuvent en bénéficier en vertu des statuts de ces organismes ;

5) le Fonds Hassan II pour le développement économique et social régi par la loi n° 36-01 ;

6) les institutions financières internationales et les organismes publics de coopération étrangers autorisés par une convention conclue avec le gouvernement du Royaume du Maroc à exercer une ou plusieurs opérations visées à l’article premier  ci-dessus. 

Chapitre II

Cadre institutionnel  

Article 17

Les circulaires du gouverneur de Bank Al-Maghrib prises en application de la présente loi et des dispositions légales et réglementaires en vigueur sont homologuées par arrêtés du ministre chargé des finances et publiées au « Bulletin officiel ». 

Article 18

Il est institué un conseil dénommé « Conseil national du crédit et de l’épargne » composé de représentants de l’administration, de représentants des organismes à caractère financier, de représentants des chambres professionnelles, de représentants des associations professionnelles et de personnes désignées par le Premier ministre en raison de leur compétence dans le domaine économique et financier.

La composition et les modalités de fonctionnement dudit Conseil sont fixées par décret.

Le Conseil national du crédit et de l’épargne débat de toute question intéressant le développement de l’épargne ainsi que de l’évolution de l’activité des établissements de crédit. Il formule des propositions au gouvernement dans les domaines qui entrent dans sa compétence.

Il peut constituer en son sein des groupes de travail pour mener toutes études qu’il juge utiles ou qui peuvent lui être confiées par le ministre chargé des finances ou le gouverneur de Bank Al-Maghrib.

Il peut demander à Bank Al-Maghrib et aux administrations compétentes de lui fournir toute information utile à l’accomplissement de sa mission.

Le Conseil national du crédit et de l’épargne est présidé par le ministre chargé des finances.

Le secrétariat du Conseil est assuré par Bank Al-Maghrib. 

Article 19

Il est institué un comité dénommé « Comité des établissements de crédit » dont l’avis est requis par le gouverneur de Bank Al-Maghrib sur toute question, à caractère général ou individuel, ayant trait à l’activité des établissements de crédit et des autres organismes assimilés visés aux articles 13, 14 et 15 ci-dessus.

Le Comité mène également toutes études portant sur l’activité des établissements de crédit et notamment sur leurs rapports avec la clientèle et sur l’information du public.

Ces études peuvent donner lieu à des circulaires ou recommandations du gouverneur de Bank Al-Maghrib.

Le Comité des établissements de crédit est présidé par le gouverneur de Bank Al-Maghrib.

Il comprend en outre :

- un représentant de Bank Al-Maghrib, vice-président ;

- deux  représentants du ministère chargé des finances, dont le directeur de la direction du Trésor et des finances extérieures ;

- deux représentants du Groupement professionnel des banques du Maroc, dont le président ;

- deux représentants de l’Association professionnelle des sociétés de financement, dont le président.

Lorsqu’il est saisi de questions à caractère individuel, telles que définies au paragraphe 2 de l’article 20 ci-après, sa composition est restreinte aux seuls représentants de Bank Al-Maghrib et du ministère chargé des finances.

Les modalités de fonctionnement du Comité des établissements de crédit sont fixées par décret.

Le secrétariat du Comité est assuré par Bank Al-Maghrib. 

Article 20

Sont soumises, pour avis, au Comité des établissements de crédit visé à l’article 19 ci-dessus notamment :

1- les questions suivantes intéressant l’activité des établissements de crédit et revêtant un caractère général :

- les modalités d’application des dispositions de l’article 8 ci-dessus relatives aux conditions de prises de participations, par les établissements de crédit, dans des entreprises existantes ou en création ;

- les opérations visées à l’article 9 ci-dessus, susceptibles d’être pratiquées  par les établissements de crédit,

- les mesures prises par le ministre chargé des finances en application des dispositions de l’article 15 ci-dessus ;

- les statuts des associations professionnelles et les modifications susceptibles de leur être apportées, visés à l’article 25 ci-dessous ;

- le montant du capital, ou de la dotation minimum, exigible des établissements de crédit, prévu par l’article 29 ci-dessous ;

- les modalités d’application des dispositions de l’article 30 ci-dessous relatives aux fonds propres minimums des établissements de crédit ;

- les modalités et conditions d’ouverture au Maroc, par les établissements de crédit ayant leur siège social à l’étranger, de bureaux d’information, de liaison ou de représentation prévues à l’article 34 ci-dessous ;

- les mesures d’application des dispositions des articles 40 et 120 ci-dessous relatives respectivement à la communication à Bank Al-Maghrib des documents et informations nécessaires au fonctionnement des services d’intérêt commun et aux conditions et modalités d’accès, du public, à ces informations ;

- les conditions de collecte de fonds du public et de distribution de créditsو visées à l’article 42 ci-dessous ;

- les mesures d’application des dispositions de l’article 45 ci-dessous relatives aux obligations comptables des établissements de crédit ;

- les conditions selon lesquelles les établissements de crédit doivent publier leurs états de synthèse, visées à l’article 49 ci-dessous;

- les conditions selon lesquelles les compagnies financières doivent respecter les dispositions des articles 47, 49, 50 et 51 ci-dessous ;

- les mesures d’application des prescriptions des articles 50 et 51 ci-dessous relatives aux dispositions prudentielles;

- les conditions dans lesquelles les entreprises visées à l’article 54 ci-dessous doivent communiquer à Bank Al-Maghrib leurs états de synthèse;

- les modalités selon lesquelles les établissements de crédit doivent soumettre à Bank Al-Maghrib les changements affectant la composition de leurs instances dirigeantes ;

- les modalités d’application des dispositions de l’article 70 ci-dessous relatives aux modalités d’approbation des commissaires aux comptes ;

- les conventions  de coopération et d’échange d’informations avec les autorités de contrôle des établissements de crédit étrangères, visées à l’article 82 ci-dessous ;

- les modalités d’application des dispositions de l’article 84 ci-dessous relatives au devoir de vigilance ;

- les modalités de financement, de gestion et d’intervention du Fonds collectif de garantie des dépôts, visées à l’article 111 ci-dessous ;

- les modalités d’application des dispositions de l’article 116 ci-dessous relatives à la publication des conditions appliquées par les établissements de crédit à leurs opérations avec la clientèle ;

- les modalités d’application des dispositions de l’article 118 ci-dessous relatives à l’élaboration des relevés de comptes.

Le gouverneur recueille l’avis du Comité des établissements de crédit, dans sa composition élargie, sur les questions visées à l’article 105 ci-dessous.

 

2- Les questions suivantes intéressant l’activité des établissements de crédit et revêtant un caractère individuel :

- l’octroi d’agréments pour l’exercice de l’activité d’établissement de crédit ;

- la fusion de deux ou de plusieurs établissements de crédit ;

- l’absorption d’un ou plusieurs établissements de crédit par un autre établissement de crédit ;

- la création de filiales ou l’ouverture de succursales, ou de bureaux de représentation à l’étranger, par les établissements de crédit ayant leur siège social au Maroc ;

- les changements qui affectent la nationalité, le contrôle d’un établissement de crédit ou la nature des opérations qu’il effectue à titre de profession habituelle.

 

Le Comité des établissements de crédit, dans sa composition restreinte, donne également son avis sur les mesures prises par le ministre chargé des finances en application des dispositions de l’article 13 ci-dessus. 

Article 21

Il est institué une commission, dénommée « Commission de discipline des établissements de crédit », chargée d’instruire les dossiers disciplinaires et de proposer, au gouverneur de Bank Al-Maghrib, les sanctions disciplinaires à prononcer en application des dispositions de l’article 133 de la présente loi. 

Article 22

La Commission de discipline des établissements de crédit, qui est présidée par le vice-gouverneur ou le directeur général ou un représentant de Bank Al-Maghrib, désigné par le gouverneur de cette institution, comprend en outre les membres suivants :

- un représentant de Bank Al-Maghrib ;

- deux représentants du ministère chargé des finances ;

- deux magistrats, nommés par le ministre chargé des finances, sur proposition du ministre chargé de la justice.

Le président de la Commission peut faire appel à toute personne dont la collaboration est jugée utile pour donner à la Commission un avis à propos de l’affaire dont elle est saisie. Cette personne ne prend pas part aux délibérations de la Commission.

Le secrétariat de la Commission est assuré par Bank Al-Maghrib. 

Article 23

La Commission élabore et adopte son règlement intérieur.

Elle se réunit sur convocation de son président et délibère valablement lorsque quatre au moins de ses membres sont présents.

Ses avis sont pris à la majorité des membres présents et, en cas de partage égal des voix, celle du président est prépondérante. 

Article 24

La Commission convoque, afin de l’entendre, le représentant légal de l’établissement concerné, qui peut se faire assister d’un défenseur de son choix, et ce après lui avoir signifié les griefs relevés à son encontre et communiqué tous les éléments du dossier.

La Commission peut convoquer, à son initiative ou à la demande de l’intéressé, le représentant de l’association professionnelle concernée afin de l’entendre. 

Article 25

Les établissements de crédit agréés en tant que banques et les banques offshore sont tenus d’adhérer à l’association professionnelle dénommée « Groupemen

Par estrellajurkid - Publié dans : CODE/LOI
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Mercredi 18 octobre 2006 3 18 /10 /Oct /2006 17:53
Saanson Ko Saanson Mein Dalne Do Zara

Saanson Ko Saanson Mein Dalne Do Zara
Dheemi Si Dhadkan Ko Badne Do Zara
Lamho Ki Guzarish Hai Yeh Paas Aa Jaaye
Hum… Hum Tum…
Tum… Hum Tum…

Aankhon Mein Humko Utharne Do Zara
Baahon Mein Humko Pighalne Do Zara
Lamho Ki Guzarish Hai Yeh Paas Aa Jaaye
Hum… Hum Tum…
Tum… Hum Tum…

Saanson Ko Saanson Mein Dalne Do Zara

Salvatein Kahin Karwatein Kahin
Phel Jaaye Kajal Bhi Tera
Nazron Mein Ho Guzar Tha Hua
Khwabon Ka Koi Khafila
Jismo Ko Ruho Ko Jale Do Zara
Sharmo Khaya Ko Machalne Do Zara
Lamho Ki Guzarish Hai Yeh Paas Aa Jaaye
Hum… Hum Tum…
Tum… Hum Tum…

Saanson Ko Saanson Mein Dalne Do Zara

Choolon Badan Magar Iss Tarah
Jaisa Surila Saaz Ho
Hum Hai Re Chupe Tere Zulf Mein
Kholo Ke Raat Azaad Ho
Aanchal Ko Seene Se Dhalne Do Zara
Shabnam Ki Boondein Phisalne Do Zara
Lamho Ki Guzarish Hai Yeh Paas Aa Jaaye
Hum… Hum Tum…
Tum… Hum Tum…
Saanson Ko Saanson Mein Dalne Do Zara
Bahon Mein Humko Pighalne Do Zara
Lamho Ki Guzarish Hai Yeh Paas Aa Jaaye
Hum… Hum Tum ... -5
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Mercredi 18 octobre 2006 3 18 /10 /Oct /2006 16:32
hayo rabba hayo rabba - 3
[oh god oh god oh god]
(chori chori chori chori dil le gaya
[he stealed my heart]
hayo rabba hayo rabba le gaya) - 3
dil mein basake mujhe apna banake
[making me way to his heart he made me his]
sona sapna dikhake dil le gaya
[showing me the golden dreams took away my heart]
(chori chori chori ha chori chori chori
chori chori chori dil le gaya) - 2
(chori chori chori chori dil le gayi
hayo rabba hayo rabba le gayi) - 2
dil mein basake mujhe apna banake
soni sapne dikhake dil le gayi
chori chori ha chori chori
chori chori chori dil le gayi
chori chori chori ha chori chori chori
chori chori chori dil le gayi

(mahive tu kitna sona hain
[o my lover u r so sweet]
mera man mona hain
[]
tu mera hona hain) - 2
[u r gonna be mine]
oh...
tune khankaya hain mera jiya
[u have made my heart sing]
chain liya bechain kiya
[took my peace n made me restless]
pehli nazar mein he
[at first sight]
dard yeh kitna de gayi
[u have given me so much pain]
(chori chori chori ha chori chori chori
chori chori chori dil le gayi) - 2
hayo rabba hayo rabba - 3

(soniye ne teri saanso ki khushbu
[oh sweety the fragrance of ur breathes]
teri baato ka jaadu karta hain bekaabu) - 2
[the magic of ur words make me loose control]
soniye...
[sweety]
jaane jaana daiyaa kab pyar hua
[dont know wen this love happened]
kab kaha kaise ikraar hua
[when n how we agreed to it]
ankhiya milake mere ankhiyo se
[looking into each others eyes]
kutch kutch mujhse keh gaya
[said somthing to me ]
(chori chori chori ha chori chori chori
chori chori chori dil le gayi) - 2
(chori chori chori chori dil le gayi
hayo rabba hayo rabba le gayi) - 3
dil mein basake mujhe apna banake
soni sapne dikhake dil le gayi
chori chori ha chori chori
chori chori chori dil le gayi
chori chori chori ha chori chori chori
chori chori chori dil le gayi
hayo rabba hayo rabba - 3
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Jeudi 5 octobre 2006 4 05 /10 /Oct /2006 23:21
UN LIEN QUI PROPOSE LE RESUME DE  Full Metal Alchemist

http://www.u-blog.net/Inuki/2005/09/09

UN LIEN QUI PROPOSE LE RESUME DE PLUSIEURS ROMAN, MANGAS, FILMS ...

http://www.u-blog.net/psychicboy/note/93
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Vendredi 29 septembre 2006 5 29 /09 /Sep /2006 01:33

LA POLITIQUE :

Zoulikha Nasri: les fondations royales

Elle est la première femme de l'histoire du Maroc à occuper un poste de conseiller au cabinet royal. Une nomination qui remonte au mois de mars 2000, moins d'un an après l'avènement de Mohammed VI. Titulaire d'un doctorat de droit privé de l'université de Lyon, elle rêvait, plus jeune, d'être juge pour enfants. Elle consacrera pourtant sa thèse au droit des assurances, avant d'entamer une carrière au ministère des Finances. En 1997, elle est nommée secrétaire d'Etat à l'Entraide nationale dans le «gouvernement de technocrates» mis en place par Hassan II. Sept mois plus tard, le souverain lui demande de rejoindre le cabinet royal comme chargée de mission. A ce titre, il lui revient d'animer la Semaine de la solidarité, manifestation dans laquelle le futur roi, alors prince héritier, va s'investir fortement. Dès 1998, un comité d'éthique est mis sur pied pour mieux gérer l'événement. C'est l'embryon de ce qui deviendra la Fondation Mohammed V pour la solidarité. Et c'est aussi le début de sa collaboration avec le futur Mohammed VI.

Au sein du cabinet royal, outre les dossiers qu'elle peut être amenée, comme tous les conseillers, à suivre à la demande du roi, elle est plus particulièrement chargée de gérer les deux fondations créées par le souverain: la Fondation Mohammed V, qui lutte contre la pauvreté, et la Fondation Mohammed VI pour la réinsertion des détenus, qui existe, elle, depuis 2003. Une vingtaine de centres de formation ont été ouverts pour les jeunes prisonniers dans les principaux établissements pénitentiaires du royaume. Deux centres d'accueil pour aider les ex-détenus à leur sortie de prison devraient être prochainement créés à Casablanca et à Salé. Zoulikha Nasri a le sentiment d'avoir, en six ans, beaucoup appris sur la société marocaine. Elle avoue avoir aujourd'hui «une vision plus proche de la réalité» que lorsqu'elle était «enfermée dans [son] bureau au ministère des Finances». «A travers les acteurs de terrain que je rencontre, ajoute-t-elle, je suis en permanence à l'écoute de la société.»

Nouzha Chekrouni: une femme de gauche

Aujourd'hui ministre déléguée chargée de la Communauté marocaine résidant à l'étranger et députée de l'Union socialiste des forces populaires (USFP), elle a fait ses premières armes de militante au lycée de Meknès, puis à l'université, à Paris, dans les rangs de l'Union nationale des étudiants marocains (Unem). Etudiante en linguistique à la Sorbonne, elle se souvient encore des discussions enflammées de l'époque: la démocratie allait-elle rendre, naturellement, les hommes et les femmes égaux? Ou bien les droits des femmes devaient-ils faire l'objet d'un combat spécifique? Elle penchait plutôt, alors, pour la première thèse. «J'ai changé d'avis, dit-elle, lorsque je suis rentrée au Maroc.»

Son diplôme en poche, Nouzha Chekrouni obtient un poste d'enseignant-chercheur à l'université de Meknès, la ville où elle est née. Très vite, elle adhère à la section locale de l'USFP. Elle va alors gravir les échelons des instances provinciales du parti. Parallèlement, elle s'investit dans une association qui milite pour l'émancipation des femmes. En 1992, elle devient membre du conseil national féminin de l'USFP. Six ans plus tard, Abderrahmane Youssoufi lui offre dans le gouvernement «de l'alternance» le poste de secrétaire d'Etat aux Handicapés. C'est la première fois, au Maroc, qu'un tel portefeuille est créé. Il faut donc tout inventer. Elle s'y emploiera pendant un an avant d'être nommée, en 1999, ministre déléguée à la Condition féminine, à la Protection de la famille et de l'enfance et à l'Insertion des handicapés, des attributions qu'elle conservera jusqu'au passage de témoin, en 2002, entre Abderramane Youssoufi et Driss Jettou.Nouzha Chekrouni est mariée et mère de deux enfants. Son mari milite, lui aussi, à l'USFP. Mais ses enfants - sa fille est à l'université en Belgique, son fils termine au Maroc ses études secondaires - semblent jusqu'ici préférer l'engagement associatif à la politique.

Nadia Yassine: le sens de la communication

Elle a hérité de son père, le cheikh Abdessalam Yassine, guide et patron de l'association islamiste Al-Adl wal-Ihsane, le goût et l'art de la provocation. A 47 ans, l'égérie des islamistes marocains est l'une des figures féminines les plus médiatiques de la scène politique du pays. Bien qu'elle n'ait aucun titre officiel dans la hiérarchie du mouvement, elle s'est imposée comme le porte-parole officieux d'Al-Adl wal-Ihsane auprès des journalistes tant marocains qu'étrangers. Douée d'un réel sens de la communication, parlant parfaitement français - elle a fait ses études au lycée Descartes de Rabat - elle se dit volontiers féministe, cite l'écrivain Fatima Mernissi, déplore que l'islam fasse trop souvent l'objet d'une interprétation «machiste». Comme elle habite à quelques dizaines de mètres de la prison de Salé, c'est le plus souvent devant le pénitencier que cette jeune grand-mère donne rendez-vous aux représentants des médias qu'elle reçoit ensuite chez elle. Quand son mari est là, c'est lui qui sert le thé. Tandis qu'elle disserte sur la démocratie et le «pacte islamique».

Yasmina Baddou: la passion de la politique

Cette avocate, membre du barreau de Casablanca, a adhéré au parti de l'Istiqlal en 1987. Elle marchait ainsi sur les traces de son père, Abderrahmane Baddou, lui-même membre du comité exécutif et ancien secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères. Pour autant, personne à l'Istiqlal ne s'attendait vraiment à ce qu'elle décide de monter au créneau et arrache en 2002 un siège de député dans la circonscription d'Anfa, à Casablanca. «Je suis, avoue-t-elle, passionnée par la politique.» Nommé Premier ministre à l'issue de ce scrutin, Driss Jettou, qui cherche à faire entrer des femmes dans son équipe ministérielle, lui propose le portefeuille de secrétaire d'Etat chargée de la Famille, de la Solidarité et de l'Action sociale, poste qu'elle occupe depuis lors. Ce qui ne l'a pas empêchée de repartir en campagne en 2003 pour les élections locales et de devenir, dans la foulée, maire de l'arrondissement d'Anfa. Une charge très prenante - Yasmina Baddou est aussi la mère de trois filles qui ont entre 13 et 21 ans - qu'elle juge cependant «complémentaire» à son activité ministérielle. «Cela me permet, dit-elle, de garder le contact avec la population et de ne pas me couper des réalités.» Elle a bien l'intention de se représenter à la députation l'an prochain et de se battre pour garder son siège. En attendant, elle prend à cœur sa fonction ministérielle et peut mettre en avant plusieurs innovations telles que la création d'antennes régionales chargées de la protection de l'enfance et de la lutte contre la maltraitance, un numéro vert pour les femmes victimes de violences conjugales, ou encore la mise en place, à Casablanca, d'un Samu social. Autant d'initiatives concrètes qui lui donnent le sentiment d'être «utile».


LES AFFAIRES:

Fathia Bennis: la finance

Sa passion: les défis. Cette fine et élégante jeune femme est un as de la finance. Depuis mai 2005 à la tête de Maroclear, le dépositaire central des titres de la place boursière de Casablanca, Fathia Bennis continue de faire bouger le paysage économique.Diplômée en droit public, en sciences politiques et en relations économiques internationales (université Mohammed V-Rabat), elle commence sa carrière en 1984 à la Banque centrale (Bank Al-Maghrib), où elle s'occupe des relations avec le Fonds monétaire international (FMI) jusqu'en 1992. Elle travaille alors sur la réforme du marché monétaire et du marché financier. «Cela a été un gros chantier. La Bank Al-Maghrib est l'école de la rigueur. J'y ai beaucoup appris», se souvient-elle. Elle se voit confier la responsabilité du marché monétaire: titres de créances négociables, adjudication des bons du Trésor, refinancement des établissements bancaires et interbancaires.

Une fois la réforme sur les rails, elle est nommée, pour deux ans, à la tête de la Société de la Bourse de Casablanca. Fathia Bennis dit souvent que ce qui la passionne «ce sont les défis, et non le ronron quotidien». Elle va être servie. En 2000, elle passe à un autre secteur: le roi Mohammed VI la charge de diriger l'Office national marocain du tourisme (ONMT). Sous sa houlette, le tourisme marocain continue son envol. Son travail de promotion du Maroc en France lui vaut d'être faite chevalier de l'ordre du Mérite de la République française en 2002.

En prenant, il y a un an, la direction de Maroclear, elle revient à ses premières amours: la finance et les marchés boursiers. Sa principale préoccupation: anticiper l'évolution du marché boursier marocain. «Le marché est embryonnaire. Nous devons, dit-elle, nous préparer à accueillir de nouveaux produits des marchés dérivés, devancer les événements.» Car Fathia Bennis ambitionne de faire du Maroc une référence pour les autres pays en voie de développement. «Nous avons la possibilité d'être un modèle. La place casablancaise est amenée à grandir. D'autres pays peuvent bénéficier de notre savoir-faire», affirme-t-elle.

Outre ses responsabilités à la tête de Maroclear, Fathia Bennis siège dans plusieurs conseils d'administration de grandes entreprises, notamment Royal Air Maroc et la Compagnie marocaine de navigation. Egalement membre fondateur de l'Association des femmes chefs d'entreprise, elle est depuis peu vice-présidente de l'association «2007 daba» qui s'active pour remobiliser et recrédibiliser l'action politique, en vue des élections de 2007. Bahia Chami

Amina Benkhadra: pétrole et mines

Le pétrole, au Maroc, c'est elle. Elle est en effet, depuis août 2000, directrice générale de l'Office national de recherches et d'exploitations pétrolières (Onarep), poste qu'elle cumule avec celui de directrice générale du Bureau des recherches et participations minières (BRPM). Il faut dire qu'Amina Benkhadra, fille de juristes, est bardée de diplômes: elle est diplômée de l'Ecole des mines de Nancy et titulaire d'un doctorat en ingénierie des sciences et techniques minières. Sa toute première expérience professionnelle, c'est à la chambre de commerce de Paris qu'elle l'acquiert. Elle y fait des études sur la prospective des marchés des matières premières. Revenue au Maroc en 1982, elle entre au BRPM comme chef de service dans le département des études minières, dont elle prend ensuite la tête. En 1994, elle est nommée directrice des mines au ministère de l'Energie et des Mines, puis secrétaire générale du même ministère. En 1997, elle devient secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Energie et des Mines, chargée du Développement du secteur minier dans le gouvernement de «technocrates» qui précède celui de l'alternance. En 2003, elle se voit remettre les insignes de la Légion d'honneur par l'ambassadeur de France à Rabat, en même temps que Hakima Himmich et Najat M'Jid. Amina Benkhadra est aussi une grande lectrice, qui affectionne tout particulièrement les romans.

Ghita Lahlou El Yacoubi: le groupe Saham

Cette centralienne occupe l'un des deux postes de directeur général du groupe Saham, l'un des plus jeunes holdings du royaume, investi pour l'essentiel dans les services. Elle est, à ce titre, à la tête de plusieurs sociétés du groupe: la CNIA, quatrième compagnie d'assurances du Maroc, des entreprises du secteur de la distribution et plusieurs centres d'appels, une activité dans laquelle le groupe est aujourd'hui leader au Maroc. Après ses études en France, son diplôme d'ingénieur en poche, c'est dans l'Hexagone que Ghita Lahlou a commencé sa carrière avec un premier emploi chez Arthur Andersen. Puis, en 1994, elle a décidé de rentrer au Maroc. Elle a alors intégré l'Omnium nord-africain (ONA), la plus grosse holding du pays, en pleine restructuration. Elle y a occupé plusieurs postes, découvrant notamment le secteur de la distribution. C'est en 2000 qu'elle a décidé de rejoindre le groupe Saham, créé par Moulay Hafid el Alamy, un ancien secrétaire général de l'ONA. La jeune holding espère accompagner l'émergence au Maroc d'une classe moyenne consommatrice de services.

Miriem Bensalah: les Eaux minérales d'Oulmès

Son père, Abdelkader Bensalah, décédé en 1993, est le fondateur d'Holmarcom, une holding familiale dont les activités vont de la finance à l'agroalimentaire en passant par la grande distribution. Après une enfance aisée à Casablanca, Miriem Bensalah choisit d'aller étudier à l'étranger, d'abord à l'université Paris-Dauphine, où elle apprend la gestion, puis aux Etats-Unis, où elle obtient un MBA en finances et management international. A son retour au Maroc, en 1986, elle intègre le groupe familial avec un premier poste à la Société marocaine de dépôt et de crédit (SMDC), dans le département titres et participations. Trois ans plus tard, elle est nommée à la tête de l'une des entreprises phares du groupe, les Eaux minérales d'Oulmès. Elle n'a alors que 31 ans. En 2003, elle obtient pour cette société un très gros contrat: la licence d'embouteillage et de distribution des boissons du géant américain PepsiCo.

Miriem Bensalah est surtout quelqu'un qui sait diriger. Elle sait écouter, favoriser la concertation, choisir les compétences. Des qualités qui ont été appréciées dans un tout autre domaine, celui du Festival du Grand Casablanca, dont elle a assuré la présidence en 2005 avec un incontestable succès. Elle est aussi pilote d'avion, aime faire de la moto, pratique l'équitation et la chasse, à laquelle son père l'a initiée. Féministe? Elle récuse le terme. «Je ne suis pas féministe. Je ne crois qu'au progrès par la compétence et le mérite», affirmait-elle il y a quelques années dans un entretien à La Gazette du Maroc.

LA VIE ASSOCIATIVE

 

Hakima Himmich: agir contre le sida

Médecin, spécialiste des maladies infectieuses à l'hôpital Ibn Rochd de Casablanca, elle se bat, depuis près de vingt ans, pour mieux prévenir et soigner le sida. Instrument de ce combat: l'Association de lutte contre le sida (ALCS), qu'elle a créée en 1988, à peine un an après l'apparition du premier cas de la maladie au Maroc. Parler de sexe, entreprendre des campagnes de prévention dans les milieux de la prostitution, féminine ou masculine, n'allait pas de soi dans un pays où ces sujets-là demeurent largement tabous, et l'étaient plus encore à l'époque. Comment intervenir auprès de femmes et d'hommes considérés comme des hors-la-loi? Hakima Himmich obtient le feu vert du wali (préfet) de Casablanca: conscient de l'urgence et de la gravité du problème, il accepte de laisser les volontaires de l'ALCS faire, dans ces milieux, le travail de terrain indispensable à la prévention. En échange, l'association s'engage à rester discrète sur les actions qu'elle mène auprès de ces populations. Aujourd'hui, les choses sont plus simples et il y a moins de non-dits. Depuis quelques mois, les intervenants de l'ALCS ont même des cartes qui les autorisent officiellement à intervenir et à bénéficier de la protection de la police. Première association de lutte contre le sida à avoir vu le jour dans un pays arabe, reconnue d'utilité publique par les autorités marocaines en 1993, l'ALCS a considérablement développé ses activités. Elle dispose de 16 centres de dépistage anonyme et gratuit, ainsi que d'une unité mobile, organise régulièrement des campagnes de prévention tant auprès du grand public qu'auprès des populations à risque, gère une ligne d'écoute téléphonique (du Maroc: 08-100-25-25) et milite pour la défense des droits des personnes séropositives et pour l'accès de tous aux meilleurs traitements. Elle prend aussi en charge l'accompagnement de personnes vivant avec le VIH.

L'une des forces de l'ALCS est sans doute d'avoir su, dès le début, inscrire son action dans un réseau international. Nombre de médecins français, avec lesquels Hakima Himmich avait fait son internat en France, ont découvert la maladie en même temps qu'elle. Les échanges n'ont jamais cessé. Aujourd'hui, l'ALCS travaille avec Sidaction, Sida Info, Act up, comme avec le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, et les agences des Nations unies. C'est aussi dans un cadre international que s'inscrit la campagne qu'elle mène actuellement, avec d'autres, pour que les malades puissent avoir accès aux médicaments génériques de dernière génération.

En décembre 2005, l'association a organisé son premier Sidaction Maroc: six heures de direct sur les quatre chaînes de télévision marocaine. L'opération était placée sous le haut patronage du roi Mohammed VI.

Najat M'Jid: les enfants des rues

Pédiatre de formation, elle a fondé en 1995 à Casablanca l'association Bayti (Ma maison) pour venir en aide aux enfants des rues. «A l'époque, dit-elle, je pensais que ce serait plus simple. Je ne mesurais pas à quel point la réinsertion de ces enfants pouvait être complexe, ni l'hétérogénéité des situations auxquelles nous allions devoir faire face.» L'association, dont les bénévoles sont appuyés par 57 salariés à plein-temps - éducateurs, assistantes sociales - est présente à Casablanca, Essaouira et Meknès. Elle va au-devant de ces enfants et de ces adolescents en rupture de ban grâce à des équipes d'éducateurs de rue. Ce sont eux qui prennent le premier contact, créent les conditions d'une première écoute avant d'envisager une solution de réinsertion. Certains de ces jeunes ont quitté leur famille à la suite de maltraitances, d'autres, après avoir été placés pour travailler, ont quitté leur employeur. Le retour dans la cellule familiale est parfois possible. S'il ne l'est pas, l'accueil dans un foyer peut être envisagé. Mais, pour aider ces jeunes à se reconstruire, à aller jusqu'au bout d'un projet de vie, il faut être capable de les accueillir et de les suivre pendant des années. L'association, qui travaille en bonne intelligence avec la justice, s'en est donné les moyens: elle leur offre, outre un foyer de transition, la possibilité d'être hébergés dans sept appartements dans lesquels ils se retrouvent à quelques-uns, moins d'une dizaine, en compagnie d'éducateurs. La loi marocaine permet en outre, depuis peu, le placement dans des familles d'accueil. Une formule à laquelle l'association pourrait s'intéresser à l'avenir.Najat M'Jid, qui est également membre du Conseil consultatif des droits de l'homme, où elle est chargée de suivre plus particulièrement la question des droits de l'enfant, s'intéresse, par ailleurs, de près à tout ce qui touche à l'élaboration d'une politique de protection de l'enfance au Maroc. Parce qu'un certain nombre des enfants des rues dont elle s'occupe sont de jeunes délinquants ou risquent de le devenir, la présidente de Bayti travaille, également depuis 2003, sur les conditions de détention des délinquants mineurs, dans le cadre de la Fondation Mohammed VI pour la réinsertion des détenus.

Aïcha Ech-Chenna: les mères célibataires

Cette infirmière, aujourd'hui âgée de 65 ans, fut au Maroc une pionnière du planning familial, avant de décider de s'occuper plus particulièrement des mères célibataires. Elle crée donc, en 1985, sa propre association, Solidarité féminine, afin de venir en aide à ces jeunes femmes, le plus souvent des petites bonnes abusées par leur patron ou l'un des fils de la maison. L'association gère un centre d'accueil, où les jeunes mamans reçoivent un soutien psychologique ainsi que l'aide d'assistantes sociales qui tentent de convaincre leurs familles de ne pas les abandonner, et parfois de persuader les pères de reconnaître l'enfant. Ensuite, elle leur propose une formation avec l'idée de leur permettre d'être autonomes. Le premier établissement créé par Aïcha Ech-Chenna est un restaurant-traiteur. Les jeunes mères y sont formées aux métiers de cuisinière et de pâtissière, tout en étant rémunérées sur ce qu'elles produisent. Depuis 2004, un deuxième centre a été ouvert, qui comprend un hammam, un salon de coiffure et d'esthétique, et fonctionne sur le même principe. Les jeunes femmes y apprennent à savonner, gommer, masser, coiffer, etc. Elles ne peuvent rester que trois ans dans l'un ou l'autre de ces établissements. Ensuite, il leur faut céder leur place à d'autres et trouver un emploi sur le marché du travail. D. L.

LA VIE CULTURELLE:

Layla Chaouni: la passion des livres

Elle a créé, en 1987, à Casablanca, les éditions du Fennec, qu'elle dirige depuis. Juriste de formation, elle a d'abord collaboré à une revue de droit, puis travaillé chez un éditeur-imprimeur, avant de décider de voler de ses propres ailes. Avec l'idée de fabriquer et de vendre au moindre prix, pour un public qui a un faible pouvoir d'achat, des livres de qualité. Elle aurait aimé ne choisir que des ouvrages littéraires, mais il lui a fallu tenir compte des intérêts du public marocain, en particulier pour les livres pratiques. Eclectique, elle publie aujourd'hui plusieurs types d'ouvrages: romans, essais, guides en tous genres… Elle propose aussi plusieurs collections dans le domaine des sciences humaines, ainsi qu'une collection de livres de poche qui lui permet de pratiquer de tout petits prix. Ces livres-là sont vendus 10 ou 20 dirhams (1 ou 2 euros) et se trouvent également dans les kiosques. Dans certains cas, il s'agit de rééditions d'essais ou de romans déjà publiés par les éditions du Fennec - Rêves de femmes, le tout premier récit littéraire de Fatima Mernissi, est ainsi accessible pour 20 dirhams - parfois de textes originaux, comme cette Réflexion d'un musulman contemporain du grand islamologue tunisien Mohamed Talbi, publiée l'an dernier et vendue 10 dirhams. Certains auteurs préfèrent être d'abord publiés en France. Layla Chaouni rachète alors les droits pour le Maroc, où ils peuvent être ainsi distribués à un prix moins exorbitant. Il arrive aussi que les maisons d'édition françaises s'intéressent à un ouvrage découvert par l'éditrice marocaine. Les éditions de l'Aube ont ainsi récemment publié Morceaux de choix, les amours d'un apprenti boucher, un premier roman de Mohamed Nedali d'abord édité par les éditions du Fennec.

Reste que le métier d'éditrice est difficile dans un pays pauvre où les livres ne font pas partie de l'environnement quotidien. Beaucoup d'enfants n'ont ainsi jamais accès à d'autres ouvrages que leurs livres de classe. Le best-seller des éditions du Fennec, un livre sur les plantes médicinales, s'est vendu à 25 000 exemplaires pour sa version en français, 18 000 en arabe. Celui de Fatima Mernissi, en livre de poche, à 14 000 exemplaires. Layla Chaouni regrette qu'il n'y ait pas d'émission littéraire grand public à la télévision marocaine pour booster davantage les ventes. Du côté des pouvoirs publics, ce fut longtemps l'indifférence. Les choses bougent cependant. Le dernier Salon du livre de Casablanca, en février 2006, a été un succès, grâce notamment à l'énergie de Mounia Nejjar, jeune directrice du livre au ministère de la Culture.

Fatima Chahid: l'orfèvre du verbe

Née sous le ciel de Taroudannt, Fatima Chahid transporte cette ville ocre en elle, depuis toujours. Elle n'a que neuf ans quand elle s'essaie au «dur ciselage» des mots qu'elle tresse en vers. Sa première expérience poétique, raconte-t-elle, est née du choc reçu en découvrant Rabat la blanche, un matin, après une nuit de voyage. La nostalgie sous la langue, elle confie alors sa première impression: «J'ai pensé qu'on m'avait abandonnée dans une ville passée à l'eau de Javel.» Ce n'est cependant qu'en 1983, après ses études (une licence de lettres modernes et une licence de droit), qu'elle va à la rencontre du public en publiant son premier recueil, Imago. L'ouvrage est bien accueilli par la critique. Elle devient, au Maroc, la première femme poétesse à monter sur scène. Elle se souvient encore de l'émotion qui fut la sienne au moment de descendre de la scène, la toute première fois, pour rejoindre un public sous le charme de son verbe.

Songes des hautes terres, Le Nouvel Imago, Aïta Menna: d'un poème à l'autre, elle cisèle les mots pour transmettre, en l'éclairant, le sens de l'humain à ses lecteurs et à ceux qui viennent l'écouter réciter. Sa poésie tourne autour de la trilogie de la vie, de l'amour et de la mort. Elle revendique, profondément, ses origines berbères. Mais elle s'approprie aussi les autres apports, francophone et arabe, qui fondent son identité plurielle. Elle se dit aussi «femme et heureuse de l'être».

La poétesse s'est récemment lancée dans une nouvelle expérience en publiant un roman, La Forteresse. Il y est question de femmes qui vivent dans l'enfermement, mais qui vont s'en sortir: une façon de dire que le Maroc avance sur le front de l'égalité entre les hommes et les femmes, mais aussi qu'il reste encore du chemin à parcourir.Fatima Chahid aimerait que les responsables politiques du royaume se soucient un peu plus de culture. Que l'on développe au Maroc une politique de soutien à la création artistique et que les arts y soient enseignés dans les écoles, dès le cycle primaire. Pour que les jeunes Marocains ne soient pas seulement, demain, des «robots rentables».

Leïla Marrackchi: un certain regard

Elle vient, à 31 ans, de réaliser son premier long-métrage, Marock. Elle y montre la jeunesse dorée de Casablanca, qui, «parce qu'elle ne manque de rien, se croit tout permis» (1). Elle y raconte aussi une histoire d'amour entre une jeune musulmane et un juif. Du coup, le film, qui avait été présenté à Cannes dans la catégorie Un certain regard en 2005, fait au Maroc, où il n'a toujours pas été projeté, l'objet d'une polémique. Leïla Marrackchi reconnaît bien volontiers que, si elle a choisi ce sujet, c'est qu'elle a grandi dans ce milieu très privilégié. Elle a, se défend-t-elle, montré l'une des facettes d'un Maroc pluriel. Très tôt, cette cinéphile a eu envie de faire du cinéma. Après des études secondaires au Maroc, elle a suivi en France une école de réalisation audiovisuelle, décroché une maîtrise, puis des stages. Elle a d'abord réalisé trois films courts, dont un a été primé en 2002, avant de passer au long-métrage. Elle vit aujourd'hui en France, mais garde de très étroites relations avec le Maroc.

Narjis Nejjar: une caméra sans concession

Née à Tanger en 1971, elle a participé, en tant qu'assistante de réalisation, à plusieurs courts-métrages avant de signer, en 1994, son premier documentaire. Elle réalise ensuite plusieurs courts et longs-métrages. En 2003, son premier long-métrage, Les Yeux secs, est salué par la critique internationale. Sélectionné à la Quinzaine des réalisateurs du Festival de Cannes, où il obtient le prix de la première œuvre, il suscite toutefois, au Maroc, une violente polémique. En mettant en scène la prostitution dans un petit village de l'Atlas, Nerjis Nejjar a brisé un tabou. La cinéaste tient bon, en dépit des critiques, des menaces et des appels à la censure. Elle défend son exigence de «montrer vrai», sans fioritures ni hypocrisie. «Ce n'est pas, dit-elle, en tournant le dos à la vérité qu'on peut faire avancer ce pays que j'aime.» Le film sera finalement diffusé au Maroc en 2004.Depuis, Narjis Nejjar s'est remise au travail. Son nouvel opus, qui sonne comme un clin d'œil, est intitulé Wake Up Morocco. Il sera bientôt sur les écrans.

(1) Interview à Jeune Afrique, 19 février 2006.


LE SPORT:

Hasna Benhassi: une fille de Marrakech

Pour ses supporters, elle est Al Marrakchia, la fille de Marrakech. Hasna Benhassi est née, en effet, dans la ville rouge aux mille riads, tout près de la célèbre place Djema'a el-Fna. Elle a d'abord été une spécialiste du 800 mètres. Mais, sur cette distance, il était difficile de déboulonner la Mozambicaine Maria de Lourdes Mutola. Alors, ses entraîneurs ont eu l'idée de la faire courir sur 1 500 mètres. Un coup de poker réussi qui fait d'elle, en 2001 à Lisbonne, une championne du monde en salle. Elle devient, à 23 ans, l'une des reines du demi-fond mondial, succédant à l'Algérienne Hassiba Boulmerka, double championne du monde et médaille d'or olympique. En 2004, aux Jeux olympiques d'Athènes, c'est sur le 800 mètres qu'elle brille, avec une magnifique médaille d'argent. Elle s'est fixé comme objectif d'améliorer encore son palmarès lors des Jeux olympiques de Pékin, en 2008. Elle aura alors 30 ans et elle aimerait terminer sa carrière en offrant à son petit garçon - et à son pays - l'or si convoité. Comme toutes les femmes maghrébines issues d'un milieu populaire, Hasna Benhassi a connu des débuts difficiles. Sa ténacité lui ouvre, en 1996, les portes de l'Institut national des sports, le temple de l'athlétisme marocain. Une sérieuse préparation et une attention particulière de ses entraîneurs lui permettent, une année plus tard, de remporter sa première médaille d'or aux Jeux méditerranéens de Bari (Italie). Sa carrière est lancée.

Nezha Bidouane: la gazelle de l'Atlas

C'était un jour de l'été 1984. Nawal El Moutawakil devenait la première femme marocaine et arabe à remporter une médaille olympique en gagnant, aux Jeux de Los Angeles, le 400 mètres haies. Nezha Bidouane, qui a alors tout juste 15 ans, assiste à l'exploit devant sa télévision. La jeune gymnaste rêve de faire un jour aussi bien. Sept ans plus tard, elle retrouve Nawal El Moutawakil à l'Ecole nationale d'athlétisme. Elle travaille sous sa direction pendant quelques années. C'est une élève appliquée, persévérante, ambitieuse. Mais, si elle domine assez vite l'athlétisme féminin marocain, elle va mettre du temps à s'imposer sur le plan international.

Elle dispute trois championnats du monde sans connaître les joies du podium. Le doute s'installe alors. Elle se blesse à l'entraînement à plusieurs reprises - le tendon d'Achille, le genou - connaît aussi des épreuves morales avec la perte de deux de ses frères et de son père. Et puis tout s'éclaire. Les obstacles disparaissent et les haies lui ouvrent leurs secrets. Un premier titre de championne du monde du 400 mètres haies, en 1997, à Athènes, lui apporte cette assurance. Enfin, son mariage avec Abdelaziz Saher, spécialiste du 3 000 mètres steeple, puis la naissance du petit Yacine - le prénom sera choisi par le roi Mohammed VI - lui permettent de trouver l'équilibre personnel qui lui faisait défaut.

La carrière de la «gazelle de l'Atlas» est lancée. Elle jure qu'elle ne décevra plus. Et elle tiendra parole. Elle est désormais présente aux meilleures places dans les rencontres internationales. En 2000, le sport marocain l'honore en faisant d'elle son porte-drapeau aux JO de Sydney, où elle remporte une médaille de bronze. En 2001, elle obtient à Edmonton (Canada) un second titre de championne du monde.Soucieuse de ne pas faire la saison de trop, elle décide à 35 ans, au début de l'année 2006, de tirer sa révérence, son seul regret ayant été de n'avoir pas décroché l'or olympique. Elle se met au service de l'athlétisme et des jeunes avec l'espoir de dénicher «des filles plus fortes que Bidouane». Elle fréquente aussi le milieu associatif: le sport également peut être un moyen d'aider les enfants les plus démunis à s'épanouir et les femmes à s'émanciper. Au mois de mars dernier, elle organisait à Temara une course de cinq heures ouverte à toutes les femmes du royaume. Une compétition qui devrait désormais avoir lieu chaque année.

Par estrellajurkid - Publié dans : articles d'ailleurs
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Vendredi 29 septembre 2006 5 29 /09 /Sep /2006 01:30
Comment la "résistance" vient aux enfants du Sud-Liban

Alors que l'armée israélienne peine à se retirer du Liban et tandis que les soldats de la FINUL s'installent dans les zones à risques du pays, de part et d'autre de la frontière on se livre à la triste comptabilité des morts et des blessés. En parallèle, un autre bilan reste à faire : celui des individus souffrant de ce qu'on appelle le stress post-traumatique, qui s'installe chez les plus fragiles ou les plus exposés à la suite de chocs psychologiques liés notamment aux accidents et aux guerres.

Dans cette perspective, le journal beyrouthin L'Orient-Le Jour soulève le problème de la résistance psychologique des enfants dont les familles sont proches du Hezbollah. Or il semble que "les convictions religieuses protègent les enfants contre les traumatismes de la guerre", annonce le quotidien à la lumière d'une récente enquête. "Insomnie, cauchemar, anxiété, irritabilité, agressivité, repli sur soi et même amnésie sont les symptômes les plus répandus chez les enfants qui ont traversé des épisodes de violence et d'horreur. Mais la force morale des parents et l'admiration qu'inspirent aux familles les chefs du Parti de Dieu sont de puissants palliatifs", affirment certains thérapeutes.

Une assertion confirmée par la psychologue Ola Ataya, qui coordonne le travail d'une association laïque de secours psychosocial dans des camps de déplacés à Beyrouth, et qui déclare avoir été frappée par "la sérénité émanant des familles chiites animées par l'idée du sacrifice chère au Hezbollah". "Hassan Nasrallah a accompli l'essentiel du travail de soutien psychologique durant la guerre", ajoute-t-elle en souriant, "mais maintenant c'est à nous d'agir".

De son côté, la psychanalyste Anicée El-Amine Merhi, qui participe à l'élaboration d'un plan de soutien psychologique au Liban, précise que le degré de déséquilibre des enfants dépend de l'attitude des parents. "Si les parents sont là et protègent leurs enfants, ils peuvent minimiser les dégâts, déclare-t-elle. Cela ne signifie pas que l'événement ne sera pas enregistré dans l'inconscient, mais ce ne sera pas de manière pathologique." Par ailleurs, pour cette praticienne, il est particulièrement notable que "la foi dans la victoire contre un ennemi offre aux sympathisants du Hezbollah une équanimité face aux malheurs, et cette attitude procure à leurs enfants un sentiment de protection".

Ces propos réclamant quelques éclaircissements, ceux-ci sont apportés par le Pr Walid Oueini, qui enseigne la psychologie à la Lebanese American University de Beyrouth. "Les enfants dont les parents étaient hostiles à ce conflit avec Israël, qui ont entendu des explosions et ont vu des destructions à la télévision, sont parfois sujets à une angoisse plus effrayante que ceux qui ont subi directement la guerre." Puis, rejoignant l'opinion de sa consœur, Walid Oueini déclare : "Chez les partisans du Hezbollah, ils sont tous sur la même longueur d'onde, à savoir que la guerre et les destructions valaient la peine."

Les enfants dont les parents sont sympathisants du Hezbollah auraient ainsi acquis un renforcement psychologique dû à la transmission de convictions profondes – y compris l'idéologie de "résistance" à l'égard d'Israël. Cependant, les conséquences découlant de cette organisation psychique singulière représentent un grand danger, prévient le Pr Oueini. "La guerre et la mort sont pour un enfant l'équivalent d'un abus sexuel. D'un côté, l'enfant devient mûr, conscient des choses de manière prématurée et, de l'autre, c'est toujours un être naïf. Il a découvert la mort, le sang et pourtant c'est un enfant qui a besoin de jouer." En lui inculquant la colère et la revanche par l'intermédiaire d'attitudes ou de comportements extrêmes, on oublie que pour la construction identitaire de l'enfant, "il est fondamental qu'il sache qu'il y a autre chose que la violence, car il ne peut assumer ce lourd fardeau".
Par estrellajurkid - Publié dans : articles d'ailleurs
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Vendredi 29 septembre 2006 5 29 /09 /Sep /2006 01:27

Lalla Salma: lutter contre le cancer

Très rapidement après son accession au trône, Mohammed VI mettait fin à la tradition du harem royal, redonnant leur liberté aux concubines de son père. Le Palais faisait taire, aussi, les rumeurs de mariage secret. Et, lorsqu'il s'est fiancé, en 2001, le roi a choisi d'annoncer publiquement son union et de présenter sa future épouse à ses sujets, alors que sa propre mère était restée constamment cachée. La photo de la jeune femme a fait la Une des journaux. Lalla Salma a, par ailleurs, reçu après son mariage, en 2002, à l'instar des trois sœurs du roi, le titre d'altesse royale, contrairement, là encore, à l'épouse de Hassan II, considérée seulement comme «la mère des princes». Il n'était pas question, pour autant, que Lalla Salma devienne une star de la presse people. Le Palais a, d'entrée de jeu, indiqué que lui seul était habilité à gérer l'image de la nouvelle princesse. Si des séances de photos ont été régulièrement organisées pour certains journaux, ceux qui ont essayé de publier des reportages «non autorisés» ont été sévèrement rappelés à l'ordre. On ne sait donc qu'assez peu de choses de cette ravissante jeune femme - teint diaphane et longs cheveux roux - aujourd'hui âgée de 28 ans, qui a donné au roi un petit garçon en 2003, Moulay Hassan.

Elle est née à Fès. Son père, Abdelhamid Bennani, est enseignant. Sa mère est morte lorsqu'elle avait 3 ans et c'est sa grand-mère qui l'a élevée. Elle a fait de bonnes études: établissement privé puis collège public à Rabat, où elle obtient son baccalauréat en 1995 dans la section sciences mathématiques avec la mention bien. Elle suit alors deux années de classe préparatoire aux grandes écoles, intègre, toujours à Rabat, l'Ecole nationale supérieure d'informatique et d'analyse des systèmes, qui forme des ingénieurs d'Etat spécialisés en informatique. Elle termine major de sa promotion et entre à l'Omnium nord-africain (ONA), le plus grand holding du Maroc. Un parcours exemplaire, une formation moderne: le casting est parfait. Selon sa biographie officielle, la jeune informaticienne, dont on dit qu'elle a une forte personnalité, aurait rencontré le souverain chez des amis, lors d'une soirée privée.

Ses fiançailles sont annoncées en octobre 2001. Une autre vie commence pour elle. Elle quitte son poste à l'ONA. Décidée à rester active, elle doit trouver sa place, sans choquer, dans un pays conservateur. Le secteur associatif s'impose, bien sûr. Elle a depuis peu découvert la cause qu'elle voulait servir et créé, l'an dernier, l'association Lalla Salma de lutte contre le cancer. Objectif: développer l'accès aux soins des Marocains, dont beaucoup décèdent, alors que leur maladie, prise à temps, aurait pu être traitée. C'est notamment le cas des 20 000 femmes de moins de 65 ans qui meurent chaque année d'un cancer du sein. La princesse a voulu faire les choses sérieusement. Elle s'est entourée d'un conseil scientifique composé de cancérologues.Pour le reste, la vie privée de la première dame du royaume demeure un sujet tabou. Même lorsqu'il s'agit de détails anodins. En avril 2005, l'hebdomadaire Al Jarida Al-Oukhra a été dûment chapitré - la publication a reçu un avertissement écrit signé du directeur du ministère de la Maison royale et du Protocole, Abdelhak el-Mrini - pour avoir écrit que la princesse adorait le tagine aux carottes et les robes des grands couturiers et qu'elle trouvait très agréable de se promener pieds nus chez elle. Autant de révélations assimilées par Abdelhak el-Mrini à des «détails intimes» …

Lalla Meryem: protéger l'enfance

Née en août 1962, elle un an de plus que le roi. On lui prête caractère et intelligence, voire un réel sens politique. Mariée en 1984 et divorcée en 1999, mère de deux enfants, on l'a souvent vue participer à des réceptions officielles ou à des manifestations culturelles au côté de l'un ou l'autre de ses frères, y compris au début du règne de Mohammed VI, avant que celui-ci se marie. Elle s'est toujours intéressée au secteur associatif, avec une prédilection pour le domaine de l'aide à l'enfance. Elle préside, notamment, l'Association marocaine de soutien à l'Unicef, ainsi que l'Observatoire marocain des droits de l'enfant. A ce titre, elle avait lancé, en 2002, une campagne de sensibilisation au travail des «petites bonnes» et une série d'actions pour lutter contre la maltraitance de ces très jeunes filles par leurs employeurs.

Lalla Hasna: préserver l'environnement

Comme Lalla Meryem, Lalla Hasna, la plus jeune des sœurs du roi, préside de nombreuses associations, dont l'orphelinat Al-Ihssane, à Casablanca, ou SOS-Villages d'enfants au Maroc. Mais c'est surtout en faveur de l'écologie qu'elle a choisi de s'investir. En 1999, elle lance la première campagne nationale sur ce thème et prend tout naturellement, trois ans plus tard, la présidence de la Fondation Mohammed VI pour la protection de l'environnement lorsque celle-ci est fondée. En février, elle présidait la cérémonie de signature d'une convention visant à étendre et à protéger la palmeraie de Marrakech, où quelque 300 000 arbres devraient être plantés. Elle avait, à cette occasion, annoncé la création de deux labels visant, d'une part, à encourager les écoles et les associations à faire davantage pour l'environnement et, d'autre part, incitant les propriétaires d'installations touristiques à respecter certaines règles. Lalla Hasna est née en novembre 1967. Mariée à un cardiologue, le Dr Khalid Benharbit, elle a deux filles.


 


 

source : www.lexpress.fr

Par estrellajurkid - Publié dans : articles d'ailleurs
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